31.1.06

La Star Ac' et Jean Genet

Après quatre heures de lettres éprouvantes, je trouve le courage d'aller au bureau pour questionner le professeur sur des vétilles restées peu claires dans mon esprit. Aïe. D'autres futés ont eu la même idée. Fais la queue comme tout l'monde. L'attente s'allonge. Un peu trop. Pour ne pas perdre mon temps, je tends l'oreille -qui sait, ça peut m'interesser. Peu à peu je la scotche carrément, ça devient passionnant.

Le prof commence en effet à expliquer que Le Balcon de Genet n'est pas une pièce abstraite. Il a peur que ce contre-sens général nous égare. Non non c'est que du concret. Nous ne sommes pas enfermés dans un système de pensée artificiel. C'est à ce moment qu'il nous donne un exemple des plus convaincants. Les enfants, vous savez, ce qui se passe dans la Star Academy c'est exactement ce que décrit le Balcon de Genet. Regardez: le Grand Balcon -un bordel- cité dans la pièce est une maison d'illusion, dans laquelle les clients cherchent à atteindre l'image, l'être du Juge ou de l'Evêque. Ce qu'ils recherchent, c'est un mythe, un fantasme. Et quitte à oublier la fonction qui va avec. L'Evêque par exemple ne veut pas passer par tous les maillons ascendants de la hiérchie, mais devenir directement Evêque. Et ça ne l'interesse pas de remplir la paperasse d'Evêque. Non. Il recherche un état purifié, d'apparence. Comme dans la Star Ac'. Comment ça s'appelle déjà...oui...merci....le Château. Le Château c'est le Grand Balcon. Ils veulent devenir le Chanteur, ou du moins atteindre l'image du Chanteur, Johnny Hallyday, tout en grillant les étapes. C'est la même problématique.

Ce parallèle me coupe le souffle (je suis facilement impressionnable). Ca me fait réfléchir, et reconsidérer la pièce. Je pose quand même ma question à la fin. Mais la réponse m'interesse plus trop. D'ailleurs je ne la comprends même pas. Car je repense à ce parallèle fascinant, cherchant à creuser l'idée. Ainsi va la littérature. Décortiquer le Réel.

26.1.06

Michel Vovelle


Lakanal organise des conférences aux thèmes variés, ouvertes à tous. Parfois spécial-khâgneuses en rapport avec le programme de cette année. Parfois non. Comme Chavez et le Venezuela, à laquelle je n'ai pu aller. Celle de Michel Vovelle fut ma première.

Depuis un mois sur les grandes portes, sur les affiches placardées, cette conférence était annoncée. Au même titre que les autres. Mais pour un khâgneux consciencieux, le nom de Vovelle scintillait: un grand historien de la Révolution, on ne pouvait louper ça. Politique extérieure du Directoire, tel était le sujet qu'il se proposait d'aborder.

Ainsi Vovelle est un grand universitaire. Professeur émérite. Il a écrit de nombreux bouquins patati patata à tel point que j'en ai retrouvé un qui trainaillait dans la bibliothèque de mon père. Alors je suis content d'y aller à cette conférence: tant par le sujet que par l'attrait curieux pour un professeur de renom.

Mon Dieu. J'arrive un peu en retard, m'installe. Petit vieux en face parlant dans son micro. L'introduction est confuse. Il nous dit qu'il va parler des Républiques-soeurs (Cisalpine, Batave...). Pas de grande problématique. Les idées s'enchaînent. Les noms. Les citations. Les infos. Tout ce qu'il dit est tiré de son livre déjà publié. Le ton est d'une montonie rare. On ne vit pas l'Histoire. On la voit pas. On vide l'Histoire. Retours en arrière, héritages, nouveautés. Allez hop! Démerde-toi. Il répète assez souvent qu'il ne détaillera pas ce point parce qu'on le connaît déjà. Alors que. Mémoire courte. Moi. Certains morceaux de phrases sont inaudibles. Pour ma part, je ne comprends pas grand chose de précis.

Au début je prends des notes sérieusement, me sentant à la fac avant la lettre. Chic. Autonome et libre je suis. Vite je décroche. Certains partent, une quinzaine en tout. Stupeur. Mais Vovelle ne voit pas. Il lit ses notes sans lever la tête, ou presque. J'hésite. Ceux qui partent sont des héros. Mes héros. Non je n'ose pas. Je reste. Discutaille avec mon voisin. Observe les autres pour me rassurer: ils semblent aussi affligés que moi. A la fin, pour me satisfaire pour moi-même, pour me donner l'illusion de refuser une situation qu'on m'impose, je sors Le Canard Enchaîné. Summum de la provoc. Tu parles.

Honnêtement. Qu'est-ce que ça veut dire? Comment captiver un public avec de telles ratiocinations? Des jeunes en plus. Certes interessés par un concours, mais qui veulent, je pense, vivre leur savoir. Un exposé fastidieux, sans trace d'originalité -ne serait-ce que minimale- n'est-ce pas la mort de la culture. Gloups. La fac, c'est ça? Un amphi? Un cours magistral? Soudain je bénis mes cours de prépa. Oh qu'ils me manquent! Non. Ne tire pas de conclusions trop hâtives. Ca tient de la personne. Il y a professeur et professeur. Si flippant pourtant. Détournement d'érudition.

Dernière pensée de remerciement, quand, sous le froid, après deux heures perdues, j'attends le bus du retour. Un peu dégouté. N'en faisons pas tout un plat. Car ce froid me ramène à des réalités plus essentielles...

23.1.06

Amère déception

Le lundi après-midi trois heures d'allemand. Deux heures consacrées à la civilisation, puis thème. Au début du cours le prof me taquine, me surnomme Pierre le Grand, car j'avais inscrit juste Pierre sans mon nom de famille sur la copie rendue la semaine dernière. Et il ajoute une petite phrase qui me réjouit. Il y aura des bonnes surprises en troisième heure.

Alors je me dis que. La révélation, dont j'ai parlé dans un autre article. Je me dis que j'ai progressé. Le voyage en Allemagne mes efforts quotidiens pour le vocabulaire ma motivation ma tenacité. Victoire du khâgneux germaniste sur le miroir invisible. Et. Non. Si. 4.

Commentaire illisible en rouge. Désolé pour vous, mais on va y arriver, il n'y a pas de raisons que ne ce soit pas un jour votre tour de progresser.

Derrière ce discours prophétique, c'est surtout le pas votre tour, sous son euphémisme dissimulé, qui fut perçant. Car juste après viennent les copies des quelques autres. Qui elles sont en progrès. La voix du prof est enjouée, enfin certains ont franchi le Cap. Certains oui. Je regarde à nouveau mon commentaire, je me retiens de. Non ce serait bête. Déplacé. Cache tes sentiments.

Alors pendant une heure pesante, le rire pourtant tenté de mes lèvres s'efface. Frustré. Quoi? Tout ce mal, un investissement lourd pour ne récolter que poussière? La note m'importe peu. C'est le progrès espéré, pour cette fois-ci, pourtant évaporé, qui me taraude. Surtout que j'accordais en même temps une valeur spirituelle à mes efforts, et à ma découverte réelle d'une langue étrangère. A l'esprit allemand. Au génie allemand. Le loup des Steppes de Herman Hesse. Angle d'attaque, dont je pensais qu'il faisait ma force, et nourrirait une amélioration.

Alors j'attendrai. Sans désespérer. Sauf de ma lenteur, qui me fait douter.


19.1.06

Le blocage

Alors voilà. Je me baisse pour prendre dans la casier de mon professeur de philo, n°82 tout en bas, mon sujet de colle. Sur un blanc papier, inoffensif par sa menue taille, se trouvent trois mots qui ne me font pas immédiatement trébucher: Travail et citoyenneté. Il est un peu plus de midi, et je m'apprête alors à rentrer. Devant mon bureau. Griffonne quelques trucs, vague analyse des concepts, tentative de mise en relation.

Non pas inspiré. Je me plante devant mon Internet et analyse les articles dans les Conventions ou les Constitutions qui traitent du travail. Génial. J'en recopie quelques-uns, ça me donne plein de bonnes idées. Je trouve même un article pseudo-philosophico-sociologique qui traite des rapports entre la précartité, le travail et la citoyenneté. Impression. Lecture. Jusque-là pas de bavure. Je me remets au bureau.
Et là ça bloque. Toc toc. Je me frappe le crane, aussitôt élaborées les réflexions sirupeuses se fânent. Je cherche d'abord à trouver une problématique. Par exemple Comment le concept de citoyenneté permet il d'aiguiser celui de travail? Et tralala. Mes ébauches de plan s'écrabouillent. Alors je reste une heure, un peu plus, sans écrire, à contempler insatisfait le vide de la pensée. Je descends me plaindre un peu. Maman, Pollux, j'y arrive pô. Je m'y remets. Toujours rien. Allez! niet. Décision courageuse prise dans l'instant, je pars travailler chez mon père.
Ayé. Me revoilà devant un autre bureau. Moins grand mais plus franc. J'essaye de griffoner. Toujours rien. Je barre mes quelques fadaises. Un dernier effort? Vain. Je vais me coucher. Inquiet. Non pas pour ce que je dirai le lendemain, mais pour ce vide de réflexion, assez inhabituel, assez troublant. Cette léthargie totale, plus folle que molle.

Lever de mauvaise humeur, la tête vide comme la veille. Bon pas de panique. Je passe à 4h je finis à 12h j'aurais un peu de temps pour griffoner deux trois conneries. Isabelle sympathique m'aide un peu à réfléchir en cours d'allemand. Toujours ce bloquage affreux. Pendant le temps libre je trouve un plan bâteau, assorti de commentaires désuets et ineptes. J'arrive dans la salle. Je parle un peu trop longtemps. Colleur jeune et sympa, on m'avait prévenu. Il me dit gentiment que ce que j'ai rédigé, c'était de l'histoire et de la socio, et que de toutes façon j'avais dit plein de gentilles bêtises. Comme chez beaucoup de khâgneux d'ailleurs. On parle un peu. De philosophie, du sujet. Pendant 1h30. Un record. Et je m'en vais. Pensif.

15.1.06

Lecture, apprentissage & compréhension

Je vous retranscris un message d'un internaute, qui a répondu à une question que je posais sur le forum de Cafe Eveil: comment optimiser les lectures, et graver les informations dans notre mémoire. Voilà la réponse, qui peut interesser tout le monde.
**
"Il y a deux choses qui m'ont particulièrement aidées à capitaliser une "base de données" personnelle au gré de mes lectures :
1°) Il n'y a pas de mémoire sans structure logique
2°) La compréhension est un phénomène émotionnel.

Le lien entre mémoire et structure est connu depuis longtemps. C'est même l'un des trucs de base de beaucoup de procédés memnotechniques. Lors de nos études, qu'elles soient scolaires ou autres, nous élaborons des "objets informationnels" plus ou moins complexes, plus ou moins riches (généralement un par matière), que nous appelons notre connaissance (et que des professeurs viennent de temps en temps évaluer). Chaque nouvelle information peut et même doit s'intégrer à ces objets informationnels. Plus nous apprenons les choses "par coeur", en nous forçant, plus l'objet informationnel qui croît dans notre mémoire est complexe, lourd à manipuler, plus il est difficile d'y intégrer de nouvelles informations. En procédant ainsi, la seule structure que l'on donne à notre objet informationnel est la somme de toutes les petits trucs que l'on a appliqué pour apprendre par coeur. On peut apprendre de manière plus intelligente en structurant ses connaissances. Par exemple, l'histoire de l'art des derniers siècles se retient bien sur une structure linéaire chronologique, où l'on pose les débats artistiques du moment. Les oeuvres deviennent alors la manière dont les artistes ont pris position sur ces débats ; bien plus qu'un nom, une date et une photo, l'oeuvre d'art devient l'élément d'un ensemble, et ainsi on peut retenir beaucoup plus de choses à son sujet.

Comprendre n'est pas mémoriser. La mémorisation, c'est l'acte d'intégrer un nouvel élément à une structure familière, structure qui permettra par la suite de retrouver l'information. Comprendre c'est carrément bouleverser la structure, généralement dans le sens d'une structure plus simple. Ce peut être aussi fusionner deux objets informationnels distincts en un troisième qui les intégre, les enrichit et en même temps est plus simplement structuré que les deux objets disjoints. L'émotion éprouvée par la compréhension est proportionnelle au bouleversement des structures qui sous tendent notre mémoire. Archimède, lorsqu'il poussa son Eurêka, avait unifié un certain nombre d'informations isolées et faiblement structurées sur l'eau, sa résistance, la force, le volume des corps, la masse, ... en un tout cohérent fortement structuré qu'on appele le théorème d'Archimède. De même on peut "se comprendre", c'est à dire découvrir des choses sur soi-même qui nous permettent d'intégrer un grand nombre de souvenirs malheureux ou considérés comme sans signification, en une image globale de soi-même cohérente et pleine de sens. Il n'y a pas de limites à la compréhension. Dans notre état ordinaire, nous trimballons dans notre esprit un grand nombre d'objets informationnels plus ou moins fortement couplés les uns avec les autres, parmi lesquels surnagent quelques petits faits et questions isolés qui ne daignent s'intégrer à rien et complexifient d'autant la structure de l'ensemble, le tout formant ce qu'on pourrait appeler notre représentation du monde. Par des prises de conscience successives, je pense que l'on peut fusionner la totalité des ces objets informationnels pour tendre vers un objet unique, infiniment riche et d'une grande simplicité dans sa structure. C'est en ce sens que j'ai écrit que l'on pouvait comprendre Dieu, et pas seulement le sentir, et que l'on pouvait vivre au paradis avec sa tête et pas seulement avec son coeur.

En revanche, de même que l'on ne peut se forcer à aimer, on ne peut se forcer à comprendre. On peut tout au plus, si l'on veut vraiment faire quelque chose, admettre que l'on a pas compris, accepter qu'une information isolée ne s'intégre pas aussi bien qu'on le souhaiterait à l'ensemble. Gurdjieff parle de la compréhension comme d'une relation entre le savoir et l'être. Si l'être croît, à connaissance égale, on dispose d'une meilleure compréhension de ce que l'on sait. Il n'y a donc pas à se soucier de faire quelque chose pour mieux comprendre. On comprend du premier coup ou pas, parce que ce n'est pas le moment, parce que d'une certaine manière, on est pas prêt. Ce qui compte, c'est d'identifier clairement ce phénomène émouvant de compréhension pour s'y arrêter un peu lorsqu'il se produit et voir ce qu'il bouleverse en nous (mais ce n'est pas si important car cela n'accroît en rien la compréhension qui s'est déjà produite), et ainsi ne plus perdre son temps à lire des choses que l'on trouve ardues et à s'en désoler. On peut par contre les relire plus tard et mesurer le chemin parcouru.

Mes propos rejoignent ceux de Joachim [c'était le message précédent] : c'est effectivement l'enthousiasme et le plaisir qui sont les meilleurs guides car c'est lorsqu'on les éprouves que l'on comprend vraiment quelque chose, et j'espère donc que tu auras éprouvé du plaisir à me lire ..."

13.1.06

L'expérience troublante de Jean Genet

Ayé. Nous avons fini Voltaire. Voltaire et l'Optimisme. Voltaire et la raison. L'humaniste bienheureux, à la pointe des combats de joute contre la scolastique et autres maladies contagieuses.
Et directement nous avons commencé les deux pièces de Jean Genet au programme. Le Balcon et Les Bonnes. Aïe. Quel choc! Genet et le Mal. Genet l'homosexuel, fervent esthète du sordide et de l'érotisme dérangeant.

Genet déconstruit tout. Comment ne pas ressentir le malaise? La vie de Genet déjà, nous démolit. Il a décidé très tôt, pendant son enfance, d'en faire une légende. Très important. Une légende. Une sorte de sublimation permanente. Adolescent, il a fait le serment de devenir ce que la société fera de lui. On l'accuse de voleur? Très bien, il dira oui, et deviendra voleur. C'est que dès sa naissance il devient marginal. Abandonné par sa mère, assistance publique, recueilli par une famille de paysans, le "bagne" pour enfant dans une Compagnie agricole car accusé de vol, une vie d'errance, une expérience militaire chaotique, une vie d'errance, la prison en tout pendant quatre ans, avant que Cocteau ne prenne sa défense. Ca c'est la vie réelle. La vie sublimée, donc, c'est sa volonté poétique de se plonger dans le Mal, puisque la société le condamne. Inversion de l'échelle des valeurs. Il adule le meurtre. Il construit une hiérarchie des hommes. Son Dieu est le condamné à mort, surpuissant car il sait qu'il va mourir mais reste physiquement dans le monde. Ensuite viennent les hommes virils beaux musclés. Puis les vautours. Les faiblards. Qui ne l'attirent guère. Et Sartre le surnomme Saint Genet.

Les deux oeuvres. Les Bonnes, Claire et Solange, ne parviennent jamais à l'Être. Elles simulent, se plongent dans les miroirs de la fausse comédie, s'aiment et se détestent, tentent de se faire exister mais restent dans la réalité des Bonnes, telles que la société les perçoit. Un drame métaphysique. Le néant les enveloppe, il flotte, le non-être est. Bien sûr tout cela n'est qu'un rêve, le produit d'un fantasme, tentative désespérée. Dans le Balcon des hommes viennent dans un Bordel. Ils peuvent assouvir leurs pulsions sexuelles, mais aussi leurs fantasmes de pouvoir. Ils deviennent Eveque ou Général. Ils n'existent pas plus. Ils veulent remplir des fonctions, mais doivent au préalable passer par la mort. Et au loin se profile une Révolution, chaotique et presque irréelle, pourtant dans la réalité, mais qui ne se survit pas.

Alors moi devant tout ça je suis un peu troublé. Fasciné non. Genet, un génie, élève quasi-surdoué et lecteur averti, qui se complaisait dans l'Enfer (son bagne, la prison) et crache un feu de mots ciselés. Un génie déchu, emprisonné par son génie, ou que sais-je. Un Genet dont l'imaginaire a bouleversé la conception du réel, et moi si loin. Mal à l'aise. Brrr.

9.1.06

Grand jeu concours

Quelle stupeur, et quelle joee, de découvrir ce matin à la fin du corrigé du ooncours blanc de géographie qui nous a été distribué:

"Et maintenant notre grand jeu Baltique!

Un cadeau à gagner pour le premier de chaque classe qui m'apportera la solution. Texto à envoyer au 06 22 35 ** **.
Attention les élèves de Khâgne A : ne donnez pas le solution aux Khâgnes B [c'est nous], qui vous succèdent dans cette salle à dix heures.


Voici le problème.

5 personnes de nationalité différente vivent chacune dans une maison de couleur différente. A chaque personnes correspondent :
- une boisson personnelle (à consommer avec modération);
- un animal propre (si on le sort régulièrement);
- une marque de cigarette spécifique (je sais, c'est pas bien mais c'était avant l'actuelle prohibition).

Question : à qui appartient le poisson?

-L'Estonien vit dans la maison rouge
-Le Suédois a un chien
-Le fumeur de winfield boit de la bière
-celui qui possède un cheval habite à côté de celui qui a un chat
-Le Danois boit du thé
-La maison verte est à gauche de la maison blanche
-Le Norvégien habite dans la première maison
-La personne qui fume des pailmail a un oiseau
-Celui qui vit dans la maison du milieu boit du lait
-L'habitant de la maison verte boit du café
-L'homme à la maison jaune fume des dunhill
-Le fumeur de Marlboro habite à côté de celui qui a un chat
-Le Norvégien habite à côté de la maison bleue
-L'Allemand fume des rothmans
-Celui qui fume des Marlboro a un voisin qui boit de l'eau

Bonne année quand même!"

***
Quel sens de l'humour n'est-ce pas? Toujours est-il qu'une fille à la fin de l'heure a trouvé la réponse (quelques minutes avant moi, grrr) et a reçu une belle bague! A vous de jouer maintenant, hélas je n'ai rien à offrir au premier!

7.1.06

Décalage

Hier matin, en cours de philo, je me place à côté d'une demoiselle à qui je n'avais encore jamais parlé, sauf l'avant-veille, où nous avions solidarisé dans le couloir, car notre colleur avait quelques heures de retard.

Nous commençons à parler des inscriptions pour Normale Sup, sujet favori des khâgneux fin-décembre et courant janvier. Alors toi tu t'es inscrit? Et aussi à d'autres écoles? Il est vrai que le clic final de validation représente un acte hautement symbolique: on va vraiment le passer ce concours. Et j'en viens à lui dire que je ne m'étais pas encore inscrit. Non, pas encore. J'ai jusqu'au 15, relax! Mais j''avoue ce s'rait un peu con d'oublier, j'aurais l'air fin. Et j'obtiens pour réponse: Ah ça oui! Tu aurais fait ces deux ans pour rien!

Pour rien.

Comment? Et toutes mes découvertes l'année précédentes, et celles que je fais actuellement. Ce n'est donc rien d'avoir été initié à quelques matières auxquelles j'ai pris du plaisir et sur lesquelles j'ai méditées? Le goût définitif de la lecture, cette joie ineffable naissant d'un sentiment d'approche de la vérité, ou de la réalité, peu importe pour l'instant, mes discussions formatrices et mémorables que je ne compte plus. Tu te rends compte? Même si je ne suis savant, je sais trouver un grand contentement dans mes cadres actuels de réflexion et j'en redemande désormais. Tu crois vraiment que ce n'est rien?

Stop. Je remballe mes pensées, et lui réponds. "Non, tu sais, j'ai quand même appris quelques trucs en prépa. C'est pas trop vrai ce que tu dis."

4.1.06

Etude comparative

Début d'année, temps d'un petit bilan. Nous allons comparer deux courbes de motivation. Celle ci-dessous va donc de septembre 2005 à aujourd'hui. Celle-ci est celle de l'hypokhagne (dont la légende est sur hybloghagne). Que de différences!


Les premiers jours, je me sens mal. Car je porte avec moi mes riches souvenirs de l'HK, et je m'auto-retracte, non ce ne sera pas une année profitable. Je traîne des pieds dans le bâtiment. Des que je le peux, je m'envole.

Puis je m'y fais. On a pas encore nos premières notes. Mes camarades de spécialité allemand sont une heureuse surprise, vrai p'tit groupe. En octobre le niveau redescend. Je me rends compte que je ne suis pas très bon, les elèves sont plutôt brillants ici. Et mes notes...Aïe.

Et le mouvement monotone reprend. Je m'y fais par la force des choses. Je trouve une petite arme, celle de ne pas rechercher à m'inclure. Cette année sera celle de l'introversion. Encore aujourd'hui je me sens en dehors de Lakanal. Ce n'est pas mon lycée. Je ne veux pas l'ENS. Ce que j'apprends cette année ne me réjouit pas autant que précedement. Enfin. C'est toujours ça de gagné. Et d'ailleurs où irais-je?

En décembre, c'est le crash. Peu avant le concours, grosse crise, escapade à l'internat de Michelet. Décidemment. J'y suis attaché. Crise par comparaison des deux années. Crise car la magie aventurière s'est estompée. Crise car l'homme n'est jamais satisfait. Et le concours blanc planne. Je déteste ça. Mais je n'ai pas peur, contrairement à l'année dernière.

Et dans la dernière phase les vacances. Elles se passent relativement bien. Je ne travaille pratiquement pas. Je rêve devant Venise et, peut-être à tort, je me dis que je ne l'aurais pas appréciée autant sans mes expériences littéraires. Tout ça a soulevé une petite brêche. Un oeil discret et étonnant. En ces soirs d'hiver, je prends un plaisir dingue à lire en bilingue le Loup des Steppes de Hermann Hesse, qui m'assaille et me trouble, que je vais reprendre ce soir. Car c'est année est aussi dans le silence celle des doux plaisirs intellectuels, souvent pour moi-même, cloîtré dans ma chambre, secrets du coeur et de la culture, plaisirs encore nouveaux.