31.1.06

La Star Ac' et Jean Genet

Après quatre heures de lettres éprouvantes, je trouve le courage d'aller au bureau pour questionner le professeur sur des vétilles restées peu claires dans mon esprit. Aïe. D'autres futés ont eu la même idée. Fais la queue comme tout l'monde. L'attente s'allonge. Un peu trop. Pour ne pas perdre mon temps, je tends l'oreille -qui sait, ça peut m'interesser. Peu à peu je la scotche carrément, ça devient passionnant.

Le prof commence en effet à expliquer que Le Balcon de Genet n'est pas une pièce abstraite. Il a peur que ce contre-sens général nous égare. Non non c'est que du concret. Nous ne sommes pas enfermés dans un système de pensée artificiel. C'est à ce moment qu'il nous donne un exemple des plus convaincants. Les enfants, vous savez, ce qui se passe dans la Star Academy c'est exactement ce que décrit le Balcon de Genet. Regardez: le Grand Balcon -un bordel- cité dans la pièce est une maison d'illusion, dans laquelle les clients cherchent à atteindre l'image, l'être du Juge ou de l'Evêque. Ce qu'ils recherchent, c'est un mythe, un fantasme. Et quitte à oublier la fonction qui va avec. L'Evêque par exemple ne veut pas passer par tous les maillons ascendants de la hiérchie, mais devenir directement Evêque. Et ça ne l'interesse pas de remplir la paperasse d'Evêque. Non. Il recherche un état purifié, d'apparence. Comme dans la Star Ac'. Comment ça s'appelle déjà...oui...merci....le Château. Le Château c'est le Grand Balcon. Ils veulent devenir le Chanteur, ou du moins atteindre l'image du Chanteur, Johnny Hallyday, tout en grillant les étapes. C'est la même problématique.

Ce parallèle me coupe le souffle (je suis facilement impressionnable). Ca me fait réfléchir, et reconsidérer la pièce. Je pose quand même ma question à la fin. Mais la réponse m'interesse plus trop. D'ailleurs je ne la comprends même pas. Car je repense à ce parallèle fascinant, cherchant à creuser l'idée. Ainsi va la littérature. Décortiquer le Réel.

9 Comments:

At 3:30 PM, Anonymous Anonyme said...

J'aime bien cet article. ;-)

 
At 7:03 PM, Anonymous Anonyme said...

Moi aussi, surtout la dernière phrase, les derniers mots.

 
At 7:34 PM, Anonymous Anonyme said...

Décortiquer le réel.... et nous donner plus de réalité, peut-être...

 
At 10:23 PM, Anonymous Anonyme said...

je crois que je viens de lire à peu près l'intégralité de tes blogs!je suis tombée dessus par hasard et meme si tu te la racontes un peu je suis restée scotchée. je suis en hk à lakanal et, ps de doutes, on a le meme prof d'allemand !!

 
At 2:11 AM, Blogger Pierre said...

Oui c'est ça qui est fascinant dans la littérature, en plus du plaisir (et parfois de l'ambiguité) des mots employés. Par contre si on part de ce principe, on a pas fini d'écumer.

Je me la raconte un peu? Tiens tiens. Sûrement. Mais dis moi pourquoi! C'est vrai que je crois découvrir le Tout et subir des modifications radicales. Peut-être est-ce pour cela.

Bonnes vacances à vous tous (enfin...pour moi)
Bonnes

 
At 7:23 PM, Anonymous Anonyme said...

Cette thèse est-elle risquée en concours? Enfin moi l'ENS, ce que j'en dis dans ma charmante bourgade... où l'on nous prépare...à la fac!

 
At 9:17 PM, Anonymous Anonyme said...

Bonsoir à tous, bonsoir, Pierre S.,

mes hommages pour cet article. Et en plus très à propos car nous avons eu l'honneur d'avoir un beau sujet sur jean genet au concours.
Je me permets de livrer un petit conseil de lecture tiré chez hannah arendt, un livre qui montre le danger et le ridicule de mettre sur le même plan fonction d'identité: L'Amérique, de Franz Kafka.
Non, Pierre S., je ne crois pas que tu te la racontes.
Vive la littérature belle et intelligente...

 
At 9:17 PM, Anonymous Anonyme said...

Bonsoir à tous, bonsoir, Pierre S.,

mes hommages pour cet article. Et en plus très à propos car nous avons eu l'honneur d'avoir un beau sujet sur jean genet au concours.
Je me permets de livrer un petit conseil de lecture tiré chez hannah arendt, un livre qui montre le danger et le ridicule de mettre sur le même plan fonction d'identité: L'Amérique, de Franz Kafka.
Non, Pierre S., je ne crois pas que tu te la racontes.
Vive la littérature belle et intelligente...

 
At 9:17 PM, Anonymous Anonyme said...

Bonsoir à tous, bonsoir, Pierre S.,

mes hommages pour cet article. Et en plus très à propos car nous avons eu l'honneur d'avoir un beau sujet sur jean genet au concours.
Je me permets de livrer un petit conseil de lecture tiré chez hannah arendt, un livre qui montre le danger et le ridicule de mettre sur le même plan fonction d'identité: L'Amérique, de Franz Kafka.
Non, Pierre S., je ne crois pas que tu te la racontes.
Vive la littérature belle et intelligente...

 

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