19.1.06

Le blocage

Alors voilà. Je me baisse pour prendre dans la casier de mon professeur de philo, n°82 tout en bas, mon sujet de colle. Sur un blanc papier, inoffensif par sa menue taille, se trouvent trois mots qui ne me font pas immédiatement trébucher: Travail et citoyenneté. Il est un peu plus de midi, et je m'apprête alors à rentrer. Devant mon bureau. Griffonne quelques trucs, vague analyse des concepts, tentative de mise en relation.

Non pas inspiré. Je me plante devant mon Internet et analyse les articles dans les Conventions ou les Constitutions qui traitent du travail. Génial. J'en recopie quelques-uns, ça me donne plein de bonnes idées. Je trouve même un article pseudo-philosophico-sociologique qui traite des rapports entre la précartité, le travail et la citoyenneté. Impression. Lecture. Jusque-là pas de bavure. Je me remets au bureau.
Et là ça bloque. Toc toc. Je me frappe le crane, aussitôt élaborées les réflexions sirupeuses se fânent. Je cherche d'abord à trouver une problématique. Par exemple Comment le concept de citoyenneté permet il d'aiguiser celui de travail? Et tralala. Mes ébauches de plan s'écrabouillent. Alors je reste une heure, un peu plus, sans écrire, à contempler insatisfait le vide de la pensée. Je descends me plaindre un peu. Maman, Pollux, j'y arrive pô. Je m'y remets. Toujours rien. Allez! niet. Décision courageuse prise dans l'instant, je pars travailler chez mon père.
Ayé. Me revoilà devant un autre bureau. Moins grand mais plus franc. J'essaye de griffoner. Toujours rien. Je barre mes quelques fadaises. Un dernier effort? Vain. Je vais me coucher. Inquiet. Non pas pour ce que je dirai le lendemain, mais pour ce vide de réflexion, assez inhabituel, assez troublant. Cette léthargie totale, plus folle que molle.

Lever de mauvaise humeur, la tête vide comme la veille. Bon pas de panique. Je passe à 4h je finis à 12h j'aurais un peu de temps pour griffoner deux trois conneries. Isabelle sympathique m'aide un peu à réfléchir en cours d'allemand. Toujours ce bloquage affreux. Pendant le temps libre je trouve un plan bâteau, assorti de commentaires désuets et ineptes. J'arrive dans la salle. Je parle un peu trop longtemps. Colleur jeune et sympa, on m'avait prévenu. Il me dit gentiment que ce que j'ai rédigé, c'était de l'histoire et de la socio, et que de toutes façon j'avais dit plein de gentilles bêtises. Comme chez beaucoup de khâgneux d'ailleurs. On parle un peu. De philosophie, du sujet. Pendant 1h30. Un record. Et je m'en vais. Pensif.

2 Comments:

At 1:54 PM, Anonymous Anonyme said...

Cela fait plusieurs fois que je relis ce post, et décidément, j'aime bien le : "Je descends me plaindre un peu. Maman, Pollux, j'y arrive pô."
Et je constate que tous les jeunes sont pareils... C'est en tout cas exactement la même chose pour moi, quand je ne trouve plus quoi dire (en général quand je recherche des idées pour une dissert' de philo...), je descends râler un peu après ma mère, puis je m'y remets et en général ça vient... Par contre, je n'ai encore jamais rencontré un blocage aussi durable!...
Bref, bon courage quand même pour les prochaines colles....

PS : au fait, qui est Pollux? :)

 
At 5:19 PM, Blogger Pierre said...

Pollux est mon cocker; le seul qui comprennent des inanités telles. Les jeunes décidemment, tous pareils!

 

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