Adieu...Monsieû le Prooofesseur
Mais oui. Vous savez, c'est comme dans la chanson. On neeee vous oublieraaa jamais. Bien c'était un peu près le même scenario, il y a deux jours. Sans la tristesse. Notre professeur de lettres, Monsieur Guyot, part à la retraite à la fin de l'année. Nous étions ses derniers élèves. Cela faisait vingt ans qu'il enseignait à Lakanal.
Un grand pot donc. Les anciens élèves ont été rappelés. Ca faisait beaucoup. Presque deux cents. La cérémonie commence par deux morceaux de musique joués par des camarades de classe: d'abord une impro de jazz au piano, puis une sonate de Brahms au violoncelle et piano. Puis direction Le Parloir pour entamer buffet. Au préalable, les discours, évidemment. Le très Regretté a reçu un voyage à Florence pour deux, rien que ça. Il en rêvait, de cette ville.
Son discours, frappant. Il commence de manière banale. Remerciements. Je m'y attendais pas (c'était une réception-suprise). Mes collègues. Mais. On le connaît, notre professeur. On sait que ça ne va pas s'arrêter là. Il commence alors alors à raconter de manière très simple et très sincère ce qu'a été l'enseignement pour lui. De tout le bonheur que ça lui a apporté. De sa manière dont il voit la pédagogie; l'enseignement est un signe, avec un groupe qui y répond derrière. On est ému. C'est vrai qu'il l'aimait son boulot. Toujours souriant. Malice enfantine. D'une modestie didactique. Toutes ces heures supplémentaires l'ont montré. On a bien dû en faire une centaine. Et surtout, tout le travail fourni derrière. Des vacances occupées à la lecture d'ouvrages critiques, et la construction sempiternelle des diaboliques plans de cours. Je crois qu'il faisait l'unanimité. C'est rare pour un prof.
J'ai parlé un peu avec sa femme par la suite. Nous étions trois en fait, avec un autre élève. Les paroles de ce dernier me reviennent, témoignant de son attachement fort. Madame, on vous envie d'avoir un homme comme ça à la maison. On voudrait le même. Madame, vous savez, il était exceptionnel. Il y a des rencontres comme ça qui changent une vie.
Ce qui m'a intrigué -je ne change pas- c'est tous ces khâgneux en acte, parfois bien dix ans de plus. Ils n'ont pas des têtes de martiens, ça me surprend, et prennent des photos avec leurs appareils numériques comme tout le monde. Ils parlent d'agreg, de doctorat, d'enseignements à la fac. De manière très simple, très décontractée. Tout un monde. Avec ses logiques et sa stabilité. Comme tout autre. On me présente aussi à un fan-club d'anciennes élèves de mon professeur d'allemand. Que des filles, comme par hasard. Elles s'étonnent qu'il ait pris un garçon cette année. Deux en fait. Certaines ont confectionné un noeud-papillon violet avec un grand H dessiné, pour qu'on les reconnaisse. Beaucoup sont devenues prof d'allemand. Ca va vite. Très vite. J'ai l'impression de voir des cellules organiques qui se reproduisent, inlassablement.
Champagne et petits fours. Bientôt l'année se finit.
Un grand pot donc. Les anciens élèves ont été rappelés. Ca faisait beaucoup. Presque deux cents. La cérémonie commence par deux morceaux de musique joués par des camarades de classe: d'abord une impro de jazz au piano, puis une sonate de Brahms au violoncelle et piano. Puis direction Le Parloir pour entamer buffet. Au préalable, les discours, évidemment. Le très Regretté a reçu un voyage à Florence pour deux, rien que ça. Il en rêvait, de cette ville.
Son discours, frappant. Il commence de manière banale. Remerciements. Je m'y attendais pas (c'était une réception-suprise). Mes collègues. Mais. On le connaît, notre professeur. On sait que ça ne va pas s'arrêter là. Il commence alors alors à raconter de manière très simple et très sincère ce qu'a été l'enseignement pour lui. De tout le bonheur que ça lui a apporté. De sa manière dont il voit la pédagogie; l'enseignement est un signe, avec un groupe qui y répond derrière. On est ému. C'est vrai qu'il l'aimait son boulot. Toujours souriant. Malice enfantine. D'une modestie didactique. Toutes ces heures supplémentaires l'ont montré. On a bien dû en faire une centaine. Et surtout, tout le travail fourni derrière. Des vacances occupées à la lecture d'ouvrages critiques, et la construction sempiternelle des diaboliques plans de cours. Je crois qu'il faisait l'unanimité. C'est rare pour un prof.
J'ai parlé un peu avec sa femme par la suite. Nous étions trois en fait, avec un autre élève. Les paroles de ce dernier me reviennent, témoignant de son attachement fort. Madame, on vous envie d'avoir un homme comme ça à la maison. On voudrait le même. Madame, vous savez, il était exceptionnel. Il y a des rencontres comme ça qui changent une vie.
Ce qui m'a intrigué -je ne change pas- c'est tous ces khâgneux en acte, parfois bien dix ans de plus. Ils n'ont pas des têtes de martiens, ça me surprend, et prennent des photos avec leurs appareils numériques comme tout le monde. Ils parlent d'agreg, de doctorat, d'enseignements à la fac. De manière très simple, très décontractée. Tout un monde. Avec ses logiques et sa stabilité. Comme tout autre. On me présente aussi à un fan-club d'anciennes élèves de mon professeur d'allemand. Que des filles, comme par hasard. Elles s'étonnent qu'il ait pris un garçon cette année. Deux en fait. Certaines ont confectionné un noeud-papillon violet avec un grand H dessiné, pour qu'on les reconnaisse. Beaucoup sont devenues prof d'allemand. Ca va vite. Très vite. J'ai l'impression de voir des cellules organiques qui se reproduisent, inlassablement.
Champagne et petits fours. Bientôt l'année se finit.

3 Comments:
Faut pas avoir peur des anonymes , petit Pierre, parfois le hasard, comme les inconnus, peuvent se trouver, contre leur nature forcément satanique, pleins de bienveillance.. j'ai trouvé un livre pour vous , qui peut-être , est bien fait : de Daniel Porte, chez Ellipses : Naufragés du latin. Un peu vieux, mais peut-être encore trouvable. J'ai même une copine chez ellipes, qui peut essayer de le trouver dans un grenier ? Ne vous faites pas de souci, tout ira bien à la longue...
Salut vénérable Françoise (j'ai oublié le surnom qu'on t'avais assigné). Un message plein de bienveillance, à part le jargon du début, quasi-incompréhensible et encore plein de mystères.
Ce ptit livre m'interesse vachement, il existe encore, il est cher -genre 30€- donc je veux bien que Mme Ellipses aille faire un petit tour dans le grenier sans se faire mal sur les planches craquelantes.
Je ne me fais presque pas de soucis. Presque plus. C'est ce que je me dis.
Mince, j'en perds ma politesse:
Merci
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