19.7.06

Où le vent porte


La boîte aux lettres en ce moment, c'est quitte ou double. Désolé recalé ou bien Il est des nôôôtreees. J'adore les quelques secondes de suspense précédant son dépouillement. Tiens une enveloppe marron-clair. Une couleur qui ne peut plus laisser indifférent.

Fénelon a dit oui. J'en conclus: tiens donc c'est pas la même politique que Condorcet. Je range ma rancoeur hop hop. Maintenant je suis fixé. C'est là-bas ou nul part, puisque je n'avais fait que deux demandes. J'étais prêt à partir un an en Allemagne ou à faire une césure intelligente. La machine se remet en marche.

Fénelon. Trois syllabes impérieuses qui m'auraient fait trembler l'an passé. Craintes disparues.

Nouvelle crainte: accrocher avec le prof de philo. Terminale, hypokhâgne et khâgne, y avait toujours des problèmes. Ca collait jamais vraiment. Je cherchais le prof, espoirs déçus. Ca c'est du problème. Résoudre celui-ci pour en poser d'autres. Année palpitante en vue. Risque de s'ennuyer et de le regretter amèrement. Voilà le dernier motif qui me fait hésiter avec l'Allemagne. D'un autre côté l'esprit fonctionne souvent par trois. Trois ans de ceci, trois ans de cela. Cuber.

J'avais presque délaissé le latin, par dépit. En rentrant de colo, je serai bien obligé de m'y remettre, pour la forme au moins. J'ai passé un mois à en faire quotidiennement. Je pense avoir retrouvé mes bases d'honnête hypokhâgneux.

Ceci dit, bonnes vacances à tous! Vale.

12.7.06

Triste consistoire

Les Grands de Condorcet ont parlé. De la fumée blanche dans ma boîte aux lettres. J’y crois, j’y crois. Le nouveau pape, petit prince sur terre, ce sera moi. Rien que ça. La gare Saint-Lazare –la vie- et des maîtres décapants. J’ai plus qu’à me confectionner une mitre, et c’est dans la poche. Je dévale. Hop hop. Et déballe l’enveloppe.

Monsieur nous avons le regret de vous informer que. Nous vous souhaitons bonne chance pour la poursuite de vos études dans le secondaire. Amen.

Les Grands ne m’ont pas donc pas pris. Pierrot I ne sera pas ordonné. Pas cette année. Il a pas le profil séminaire. Soit. J’irai me déguiser et faire le mariole un autre jour. Mais quand même. Ca me laisse un goût amer. Je me suis décarcassé. J’ai joué le jeu des bonnes notes, et surtout je leur ai bien fait comprendre mon intérêt vif et réel dans la lettre de motivation. Je me suis tué au latin. Mais non. On remplit d’abord les classes avec les cubes et les bicas qui ont fait classique. Les petits rigolos qui changent de khâgne et de spécialité, les petites anomalies pas méchantes qui se cherchent, ça n’intéresse pas. Ca rapportera moins au concours. Parcours original, tolérance zéro. En prépa, l’avidité des statistiques grignote la soif de connaissance. J’ai été naïf. C’est exactement ça. Du sport, de la compét’ et de la compét’. Le revers de la médaille, en somme.

J’aurais dû changer ma lettre. Madame Monsieur, je souhaiterai avoir le concours de la rue d’Ulm l’année prochaine, c’est pourquoi je postule pour une khâgne philo. Si les places sont limitées, croyez bien que je suis prêt à sortir les crocs pour sauvegarder l’honneur des Chiffres.

Allez. Je ne suis pas rancunier et je ne me plains pas. Comprenez bien : déception profonde quant au mode de fonctionnement. J’irai jouer l’archevêque saltimbanque ailleurs.

4.7.06

Erratum

Ou les bonnes surprises de l'ENS...

Dans l'article précédent, je me lamentais: je déplorais ma réticence, voire mon impossibilité à tirer un bilan précis de cette année.

Les notes reçues hier matin dans ma boîte aux lettres m'ont fait changer d'avis:

Histoire Commune (LV) sur 20 : 11.00
Géographie Commune (LV) sur 20 : 09.00
Philosophie commune (LV) sur 20 : 14.00 (!)
Comp. Française (LV) sur 40 : 26.00 (!!)
Version de LV1 (LV) sur 20 (Allemand) : 06.50
Theme de Langue Vivante sur 40 (Allemand) : 09.00

J'en tire une conclusion: j'avais choisi la bonne spécialité!

1.7.06

Bilan année 0

Ca fait longtemps tiens que j'avais pas écrit. Je me creuse la tête. Les idées d'articles concernant ce blog s'envolent. C'est presque fini. Plus de prépa, plus d'hyblokhagne. Logique. Restent quelques petites choses, que j'aimerais raconter. On y va.

Il y a un an jour pour jour. Je m'en souviens. L'irrépressible envie de tirer des bilans. Bilan 1. Bilan 2. Bilan 8. Ca finissait jamais. Tous concernaient l'hypo et les transfomations ressenties. Un an. Je m'en souviens. Ils étaient huit petits bilans, tout mignons, classés rigoureusement. Je les lis et évidemment j'en ris. Allez, chiche, je vais me citer. Oui oui ça fait chic et prétentieux mais la différence va vous sauter aux yeux.

"Car je commencerai par un bilan intellectuel, puis relationnel et enfin ontologique. Je pense écrire en tout six/sept articles qui j'espère pourront vous faire apprécier tous les changements survenus." (tiré d'hybloghagne)

Quel esprit guindé. Non mais tu t'entends Pierre. Je sais on ne dénigre pas le passé, c'est ridicule. Mais quand même. Bilan intellectuel, relationnel. Et cerise sur le gâteau bilan ontologique. T'es pas haut comme trois pommes et tu oses employer cet adjectif dont tu n'as pas idée. Douloureux de se lire retrospetivement. La raison la voilà. La grande différence, cette année, c'est que je ne veux pas faire de bilan. De toute façon j'y arriverais pas. L'année est passée. Quelques brins d'air qui chatouillèrent ma peau. Tout simplement. Trop simplement. Pas de Révélations, pas de Révolutions. Une année carrée. Les cercles disparus. Il me semble que si on compare les articles, ceux d'Hyblokhagne sont moins pétillants, moins effusifs. Une année scolaire.

Et puis. Zut! Dresser des bilans. J'aurai le temps de changer mille fois d'ici-là. Pierre 3, Pierre 524. Absurdité des bilans. Peindre un caméléon et se dire Oh voici Le Caméléon.


***


Il y un grand jeu retransmis à la télé ce soir. Ca s'appelle le foot. Il paraît qu'on s'en enivre. Klaxons trompettes Hourras. Même que la France joue.
Il y a un grand asticot allongé sur son lit ce soir. Il s'appelle Pierre. Il doit sûrement se préparer pour l'année prochaine. Cicéron Catilina O nos beatos. Même qu'il s'amuse, à plancher à c't heure-là.

***


Je cherche le mot de la fin. Il ne vient pas. Ne pas chercher. Laisser venir. Promis, on ne se quitte pas comme ça.