Hier matin, en cours de philo, je me place à côté d'une demoiselle à qui je n'avais encore jamais parlé, sauf l'avant-veille, où nous avions solidarisé dans le couloir, car notre colleur avait quelques heures de retard.

Nous commençons à parler des inscriptions pour Normale Sup, sujet favori des khâgneux fin-décembre et courant janvier. Alors toi tu t'es inscrit? Et aussi à d'autres écoles? Il est vrai que le clic final de validation représente un acte hautement symbolique: on va vraiment le passer ce concours. Et j'en viens à lui dire que je ne m'étais pas encore inscrit. Non, pas encore. J'ai jusqu'au 15, relax! Mais j''avoue ce s'rait un peu con d'oublier, j'aurais l'air fin. Et j'obtiens pour réponse: Ah ça oui! Tu aurais fait ces deux ans pour rien!
Pour rien.
Comment? Et toutes mes découvertes l'année précédentes, et celles que je fais actuellement. Ce n'est donc rien d'avoir été initié à quelques matières auxquelles j'ai pris du plaisir et sur lesquelles j'ai méditées? Le goût définitif de la lecture, cette joie ineffable naissant d'un sentiment d'approche de la vérité, ou de la réalité, peu importe pour l'instant, mes discussions formatrices et mémorables que je ne compte plus. Tu te rends compte? Même si je ne suis savant, je sais trouver un grand contentement dans mes cadres actuels de réflexion et j'en redemande désormais. Tu crois vraiment que ce n'est rien?
3 Comments:
lol j'suis bien d'accord avec toi.
Moi je veux pas le concours et pourtant j'ai pas l'impression d'avoir fait une prépa pour rien. C'est toujours très formateur !
J'hallucine...
:') t'aurais du t'affirmer et lui dire tout ça! mais tant pis... j'ai cliqué sur "le validation" en coup de vent, entre mon lever et ma douche, ce qui résume bien ma vision du concours : ah oui, tiens, on doit faire ce truc, c'est le contrat! me confronter aux exigences de l'excellence du savoir français... un test de niveau, en fait. pfou. tinquiète Pierrot, y'en a d'autres, des tas même, dans ton cas!
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