14.12.05

Le khâgneux en concours blanc

Un khâgneux en concours blanc & un khâgneux pendant l'année, c'est le jour et la nuit.

Le khâgneux de concours blanc est d'emblée irremédiablement dépassé par les évènements. Les épreuves proposées sont impossibles, et la peur de rater l'a quitté depuis bien longtemps, la cas échéant l'asile l'aurait accueilli depuis un sacré bout de temps. D'un autre côté, un petit frisson de plaisir le parcourt à l'idée de se mesurer à l'Impossible: il accomplit quelque chose de Grand.

Le khâgneux de concours blanc ne révise pas. Du moins c'est ce qu'il prétend devant ses semblables. Olala je me suis mis à révisé à 21h tu te rends compte. Pfff j'ai relu le cours vite fait mais j'avais mal pris les notes alors c'est comme si je savais rien. C'est horrible, moi j'ai appris mais je ne me souviens plus de rien.

Le khâgneux en concours blanc s'il révise adopte un mode de vie curieux. Les heures de sommeil sont bizarrement réduites, au point que deux gros cernes viennent teinter d'une couleur sombre des yeux alourdis par le poids de la vie. Ils ressortent d'ailleurs sur les visages les plus pâles, ce qui ma foi confère un certain esthétisme. Sa démarche pendant cette rude semaine est plus lente, les pieds traînent. Les repas diminuent, car manger prend du temps. Et, cela semble concerner surtout les mâles, on se lave moins. Car prendre une douche quand le hibou chante, plus l'courage.

Avant de rentrer dans la salle, le matin, quand il fait encore nuit, le khâgneux en concours blanc regarde son camarade une dernière fois, l'oeil picotant, et lui dit au revoir d'un ton solennel. Une longue séparation de cinq heures. Parfois quelques embrassades. Ce n'est qu'une rude épreuve. Ca passera. Une fois dans rentré, il s'installe vite dans les derniers rangées pour être sûr de ne pas être dérangé. En sortant, il observe un moment de silence, et évite de reparler de ce moment funeste avec ses pairs. Tu viens au cinéma pour te changer les idées?

Le khâgneux en concours blanc est obsédé par une pensée, celle de la fin. Il sait porter son regard au delà de ce carême. Le mot vacances le taraude, les pensées d'un futur agréable caressent son esprit, il réfléchit à tout ce qu'il pourra accomplir de Bien dès que rententira la dernière sonnerie.

Enfin, il est pathologique que certains khâgneux pendant leur concours blanc viennent décrire cet état d'un oeil amusé, un plaisir amusé à se complaire dans un épisode affreux, qui n'est pas si affreux que ça.

6 Comments:

At 3:54 PM, Anonymous Anonyme said...

Pathologique, vraiment ? ;-)

Libérateur, plutôt ! (enfin, je crois...)

 
At 4:55 PM, Anonymous Anonyme said...

J'aime bien cette analyse. Basée sur des faits réels... Mon passage préféré pourrait être le troisième paragraphe. Le khâgneux et les révisions... Il est bon.
En attendant ces chères vacances tant espérées, attaquons nous d'abord au Travail.
Allez mon p'tit ragazzo, bientôt la fin. Et puis tu viens à Riga ais-je compris. Bisous

 
At 8:22 PM, Blogger Pierre said...

Le Travail...je n'arrive pas à m'y mettre, cerveau encombré etc etc. Et comme j'ai plus peur ça, rien ne me pousse. Ah quelle vie.

Riga riga! oui oui!

 
At 1:48 PM, Anonymous Anonyme said...

Salut
Je suis en khâgne à Dijon.Symphathique comme blog et c'est assez réaliste de ce qu'est la vie en prépa (si c'est une vie bien sûr).

 
At 11:48 PM, Anonymous Anonyme said...

Super ton blog Pierre ! Et je trouve cet article particulièrement bon hihihi... Outre l'envie décuplée de tenter l'expérience de la prépa, ça me donne envie de m'atteler à la création d'un blog moi aussi. Bonne continuation à toi en tout cas et encore bravo.

 
At 7:11 PM, Anonymous Anonyme said...

Dire qu'un jour ce sera de bons souvenirs...

 

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