11.12.05

Un accoudoir se volatilise

J'ai fait une découverte. Ni passionnante, ni réjouissante. Dès que le travail demandé à l'école a commencé à être plus lourd et difficile, en gros à partir de la terminale, j'invoquais toujours le même cantique qui me rassurait: on est tous sur le même bâteau Pierre, et tu as sûrement bossé autant sinon plus. Si toi tu rames, eux aussi.

L'année dernière ce fut bien plus que des paroles réconfortantes: une arme. Tout ce qu'on nous demandait de fournir était clairement impossible, 24 heures dans une journée ne suffisaient pas. Et notamment pendant les concours blancs, moments paroxystiques, j'étais quasi-obligé de me dire, pour ne pas désespérer, que non je n'étais pas seul, et que oui nous allions tous nous foirer, et que j'étais aussi bien préparé -bon et en fait ça marchait, à mon habitude je me faisais du souci pour rien.

Seulement cette année cette valeur se renverse. L'excuse on est tous dans la m.... n'en est plus une. Car à Lakanal, beaucoup sont là pour avoir le concours de l'ENS, donc ils bossent tous autant que moi, sinon plus -bien nos motivations divergent probablement. Et quand bien même ils ne bosseraient pas, ils ont des facilités, car ils sont arrivés jusqu'ici, j'en connais. Du coup ce désespoir calculé qui m'a servi jusqu'ici ne m'est plus d'aucune aide. Car ici les gens se battent, contre eux-mêmes ou pour le concours -mais jamais contre d'autres et heureusement!- et leur investissement porte ses fruits.

Je n'ai pas le choix: je dois aller de l'avant, sans plus me comparer.

2 Comments:

At 7:40 PM, Anonymous Anonyme said...

Ca peut être bien aussi de se battre contre soi... Mais bon, c'est pas pour autant que tu dois avoir l'impression que tu n'as plus rien à quoi te raccrocher.

Le concours de l'ENS est très difficile : quand on intégre, c'est quand on est très fort. Mais quand notre niveau est au dessous, ça ne veut pas dire pour autant qu'on est nul. Faut pas oublier ça. Surtout pas.

 
At 11:04 PM, Blogger Pierre said...

Non non je sais!
Mais je n'ai ps dit que je n'avais plus confiance...J'ai encore de quoi m'accrocher. Je n'ai plus mon accoudoir, c'est tout.

 

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