D'est en ouest
Bien hélas je ne trouve pas toujours des sujets se rapportant à la khâgne. A défaut de ciseler mes journées et d'en extraire des thèmes, des principes, pourquoi ne pas raconter simplement une journée semblable aux autres; l'intérêt est toujours là non?
Avant les cours dans la voiture (nous fûmes 4 ce matin) bercés par TSF Jazz et Nostalgie. Sujet favori du mois de mars Les Concours. Aha. Les fameux. Et alors les écoles de commerce y a quoi en entretien? Tu crois qu'on a des chances? Nan parce qu'avec tous les khâgneux qui se présentent tu sais. Et alors tu sèches tes cours toi? Ouais je travaille mieux chez moi, j'apprends plus rien en option-géo tu sais.
Pis commencent nos deux heures de lettres. Cours magistral, comme d'habitude. Nous finissons Les petits poèmes en prose. Plus précisemment, analyse des anciens titres attribués par le poète à son oeuvre et mise en relation avec sa démarche. La comparaison avec Jean-Jacques Rousseau est très enrichissante.
A dix heures, un militant infatiguable distribue des tracts. Réunion débat Cpe 17h30 mairie de Sceaux.
Philo. Peu motivés nous sommes, à force de presque rien capter. Et pourtant. Pendant deux heures, analyse d'un sujet-type: Travail et mérite. Toute la classe invitée à participer. Prestige garanti. Je souligne ici quelque chose d'incroyable: la craie blanchissait le tableau et la problématique apparaissait au fil des reflexions faites par les participants. Parfois même, les yeux du prof s'écarquillent. Vous avez entièrement raison, voilà ce que je cherchais. Il en arrive à nous dire que la tournure des évènements et nos réactions sont complétement autres de la khâgne précédente. Pas de doute, il est incroyable.
Midi, discussions. Frites viande. Tu me passes tes frites. Ah beurkk. Elles sont froides. T'as mis ta peau de banane dessus en plus. Au fait tu connais la dernière sur notre prof Mme M., elle s'est mariée avec. Si si je te jure. Il y a comme cela des constantes dans les conversations de table.
Pendant la petite récré, je m'incruste auprès d'un autre groupe. A trois, je les trouve en train de discuter trèèèèès sérieusement du Beau et du Charme. Se querellant. Arguments à l'appui. Empirisme souhaité, on ne parle pas dans le vide ici. Table ronde. Les scientifiques penchés sur leurs calculettes nous regardent d'un oeil douteux. On sort. Continue sur le banc. Soleil pâle. Chacun est appelé à la barre pour témoigner. Le récit de J. me marque: quand il commença Belle du Seigneur, il ne put lire autre chose pendant trois mois. Complètement omnubilé, il L'avait trouvé, si l'on peut Le nommer, ce Beau. Tout y étais. Complètement frénétique il devint. Non c'est subjectif! s'exclame M., comment veux-tu que je ressente le Beau devant une tache noire sur une toile, et toi tu veux me parler d'universalisme. Non je voulais dire, ma chère, que les deux sont liés, et que tout procède de la rencontre. Tatati tatata jeunes esthètes insouciants.
Le soleil ne dure pas. Il faut s'engoncer dans le CDI. Nous avons une colle d'allemand. Nous tirons nos sujets toutes les demi-heures. C'est sur Schiller, et le prof nous donne à tous le même extrait à commenter. Aha. Les derniers sont favorisés, puisqu'ils savent à l'avance sur quoi ils vont tomber. On s'entraide un peu, et on s'échange la traduction interdite pour ne pas faire un gros flop. J'ai un peu peur. La dernière. Il m'avait glacé. Là ça se passe bien. Je réussis moyen mais il souligne mes progrès tout au long de l'année et me fait deux trois blagues. La prochaine après moi a une tête de fantôme. Bonne chance camarade.
Nous rentrons. On reparle de la journée, des concours, des sentiments qui nous affectent. Grandes confidences des fins de journée.
Ouf. Arrivé chez moi, je m'assoupis une heure. Et commence vaillament à relire Marx pour la philo. Je rame. L'objet de ma pensée est autre. 30 pages en 4 heures. Piètre score. Blog. Enfin il me restera après un peu de vocabulaire à apprendre, mes derniers mots, mes chéris, avant la date fatidique. Mes dernières chances, ces dernières lettres intelligibles qui rythmèrent mon année scolaire. Cette séparation me fera quelque chose. Puis je m'endormirai sur Balzac, pour le plaisir, pour rêver, de ce monde flamand dépeint sous ses aspects les plus plaisants.

4 Comments:
Dire que ce sont bientôt les derniers mots...
Je suis déjà nostalgique... :-(
Bon courage, encore quelques semaines. Mais ne te sens pas obligé de poster !
Rien a voir avec le sujet de l'article, qui est d'ailleurs tres bien ecrit-...juste une excuse pour te souhaiter une tres bonne Saint Patrick -fete nationale Irlandaise- de la part de Dimitri et moi ! bye ! :D
petite question : tu vas continuer à blogger après ? Pour parler de... la suite !
Aha! Vous avez raison, ne parlons pas de la fin. Après...je ne sais même pas ou je vais m'orienter. Je n'en sais fichtre rien!
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