24.11.05

Ouf!

Fini. Mais j'ai ramé. Fini Hannah Arendt dont on m'avait tant parlé. Explications.

Etant donné que je n'ai plus de travail et ce encore pendant deux semaines, je m'étais constitué un planning auquel je voulais absolument m'accrocher. J'avais donc projeté de lire La Condition de l'Homme Moderne. Rationalisation du temps, avec quarante pages par jour je m'en sortirai au bout de neuf jours. Et en gros j'ai respecté le timing. Mais à quel prix. A partir du moment où un but possible est fixé, il est difficilement supportable de ne pas s'y tenir. Et alors pendant neuf jours le même combat. Plus que trente. Plus que vingt. Ouais, dix! Dodo. Car je lis lentement donc je ne pouvais pas aller plus vite.

Le livre en lui-même fut passionnant. L'érudition est déconcertante. Auteurs latins, grecs, allemands, français etc cités à tout bout de champ pour essayer de comprendre comment les activités de l'homme ont au fil du temps été complètement bouleversées et restructurées -le travail étant devenu celle la plus glorifiée. J'ai apprécié aussi sa manière d'inventer les concepts et de les manier avec acuité. Mon attrait est moins dû à la pertinence de l'analyse qu'à sa concréité. On reste finalement assez loin des considérations métaphysiques ou ontologiques inextricables sur lesquelles on ne peut que vraiment réfléchir avec temps, volonté & méditation.

Mon regard sur le monde pendant la lecture passait désormais au crible d'Arendt. Vision renouvelée.

Regret par contre de ne pas avoir suivi toutes les analyses, parfois trop compliquées. Et de ne pas pouvoir m'attarder à cause du gong des quarante pages. Et aussi un peu déçu par ma non-volonté de vraiment réfléchir sur les idées. En effet je lis, je lis, mais je n'ose -ou je n'arrive?- pas à confronter le livre à mes opinions. Ni pendant, ni à la fin. Dommage car lire c'est chouette, construire et bâtir c'est mieux.