6.11.05

Une journée à Beaubourg

Beaubourg. Je l'avais oubliée cette bibliothèque. A trois reprises je m'y étais rendu l'année dernière. Je marche beaucoup au souvenir. Beaubourg. Trois fois dans un contexte tortionnaire. Je ne savais pas ce que je faisais dans cette section, je rêvais déjà de la fin de l'année pendant ma maigre pause sandwich. Je me souviens être resté assis seul pendant bien huit heures d'affilée prenant des notes comme un fou furieux. Un autre monde. Je m'y perdais. Je me préparais tant bien que mal à mes dissertations. Je paniquais. La grandeur l'anonymat le petit balcon la queue tout m'avait marqué.

La bibliothèque ouvre à 11h il faut y être bien avant. Ce matin lever au petit jour, j'y retournais. Pas seul cette fois. Anne-Lise m'accompagnait. Ca change beaucoup de choses de ne plus être seul. J'aurais pu me passer de cette escapade mais la géographie l'imposait.
J'avais oublié la queue. Beaubourg est la seule bibliothèque de Paris ouverte le dimanche. Ceci expliquant cela. Une foule digne de ce nom. Deux cent mètres. Et à peine arrivés elle se rallonge aussi tôt dernière nous. Nous attendons une heure. Grelotant dans les premières fraîcheurs de novembre. On sympathise avec une fille qui étudie l'ostéopathie. Ca me remonte un peu le moral. On apprend des noms suédois dannois letons qui se ressemble tous. Elle des muscles des os des capillaires.
Les escalators de Beaubourg. Les salles de lectures de Beaubourg. La voix insipide du haut-parleur qui nous met en garde contre les vols à la tire. En m'asseyant je renoue avec. Avec quelque chose un sentiment je ne sais.

Je perds beaucoup de temps à rechercher les livres qu'il me faut. J'ai du mal à opérer une sélection rationnelle. Lire ci ça pas ci pourquoi pas. Et je m'y mets. Une lecture longue et harassante, une marche dans le désert. Ce que je lis m'interesse. Mais si laborieux. Lire prendre des notes. Lire recopier le plus important. Et surtout m'appliquer à bien écrire car mes fiches seront photocopiées pour être distribuées.

Pause sandwich éclair. Du balcon j'entends un saxoponiste qui vit sa musique. Quelques auditeurs sur le pavé. Fausse évasion.

J'y retourne. En face de moi deux parisiens étudiants en pharmacie. Ils n'arrêtent pas de piapiater. Ma mère elle a failli me trucider hier soir. Le garçon sort sa carte de fidélité du PSG et explique à son copain au téléphone ses places dans la tribune pour le prochain match. Le plus surprenant c'est qu'au cours de l'après-midi des tonnes de gens viennent passer un instant avec eux pour discuter. Ils se connaissent tous pouquoi? La mafia de Beaubourg. Anne-Lise me souffle qu'elle ne les aime pas. Ou plutôt qu'elle n'est pas à l'aise. C'est vrai. Tous parisiens. Un style vestimentaire hightech. On ne connaît pas ça nous dans la petite couronne.

Ma tête est démontée. On repart. Je quitte les lieux avec un petit frisson. A cet endroit j'y suis d'une manière attaché. Etrangement attaché. J'arrive à neuf heures chez moi.
Beaubourg.

1 Comments:

At 11:13 AM, Anonymous Anonyme said...

une petite précision: la bpi n'est pas la seule bibliothèque ouverte le dimanche, la bnf l'est elle aussi!
tout est donc prévu que les parisiens puissent s'amuser tout au long de leurs week-end;)

 

Enregistrer un commentaire

<< Home