17.11.05

Mein Freund Flaubert

Thème de quatre heures, la routine.

Seulement cette fois-ci, dès que l'énoncé fut délicatement posé sur ma table, quelle ne fut pas ma stupeur suivie d'un effroi certain, de voir que nous devions traduire du Flaubert. Ce nom mythique qui fait frémir les oreilles de tout élève.

Voici l'extrait de Mme Bovary sur lequel nous devions plancher. Je mets en bleu les mots que je ne connaissais pas en allemand -et donc dans ce cas-là on fait des belles périphrases, par exemple pour corbeau vers la fin, j'ai mis oiseau à plumage noir- en orange les mots français que je ne connaissais même pas, et en vert dans le dernier paragraphe, le seul, les mots que le professeur a bien voulu nous donner -et en caméléon c'est un mix des deux- car il reconnut finalement que c'était un peu difficile. Hum hum.

"
Quand elle eut un enfant, il le fallut mettre en nourrice. Rentré chez eux, le marmot fut gâté comme un prince. Sa mère le nourrissait de confitures; son père le laissait courir sans souliers, et, pour faire le philosophe, disait même qu'il pouvait bien aller tout nu, comme les enfants de bêtes. A l'encontre des tendances maternelles, il avait en tête un certain idéal viril de l'enfance, d'après lequel il tâchait de former son fils, voulant qu'on l'élevât durement, à la spartiate, pour lui faire une bonne constitution. Il l'envoyait se coucher sans feu, lui apprenait à boire de grands coups de rhum et à insulter les processions. Mais, naturellement paisible, le petit répondait mal à ses efforts. Sa mère le traînait toujours après elle; elle lui découpait des cartons, lui racontait des histoires, s'entretenait avec lui dans des monologues sans fin, pleins de gaietés mélancoliques et de chatteries babillardes. Dans l'isolement de sa vie, elle reporta sur cette tête d'enfant toutes ses vanités éparses, brisées. Elle rêvait de hautes positions, elle le voyait déjà grand, beau, spirituel, établi, dans les ponts et chaussées ou dans la magistrature. Elle lui apprit à lire, et même lui enseigna, sur un vieux piano qu'elle avait, à chanter deux ou trois petites romances. Mais, à tout cela, M. Bovary, peu soucieux des lettres, disait que ce n'était pas la peine! Auraient-ils jamais de quoi l'entretenir dans les écoles du gouvernement, lui acheter une charge ou un fonds de commerce? D'ailleurs, avec du toupet, un homme réussit toujours dans le monde . Madame Bovary se mordait les lèvres, et l'enfant vagabondait dans le village.

Il suivait les laboureurs, et chassait, à coups de motte de terre, les corbeaux qui s'envolaient. Il mangeait des mûres le long des fossés, gardait les dindons avec une gaule, fanait à la moisson, courait dans le bois, jouait à la marelle sous le porche de l'église les jours de pluie, et, aux grandes fêtes, suppliait le bedeau de lui laisser sonner les cloches, pour se pendre de tout son corps à la grande corde et se sentir emporter par elle dans sa volée. Aussi poussa-t-il comme un chêne.
Il acquit de fortes mains, de belles couleurs.
"


Sans compter les fautes de grammaire. La note sera fameuse.

5 Comments:

At 11:08 PM, Anonymous Anonyme said...

Heu, petit problème technique peut-être...
Chez moi, aucun mot n'est en couleur. Vue la légende, ce serait bon signe, mais je crois que ce n'est pas voulu. ;)

 
At 12:05 PM, Anonymous Anonyme said...

Bon, bah ça marche sous IE, et pas avec Firefox... :(

 
At 2:28 PM, Blogger Pierre said...

Ah, j'avais pas pensé à Firefox! Oups...

 
At 3:37 PM, Anonymous Anonyme said...

Ce n'est pas de ta faute, ça vient de Blogger.
C'est d'ailleurs étonnant de la part de Blogger (et donc de Google) de fournir un outil qui n'est pas multi-plateforme, alors que Google et Microsoft sont loins, très loins, d'être amis.
Enfin bon... :)

 
At 2:41 AM, Anonymous Anonyme said...

C'est effrayant...

 

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