Ciel! L'Eldorado

C'est encore d'une conversation téléphonique que je vais parler. Décidemment. Celui-là il arrête pas. C'est bien beau de faire une prépa pour finir accro à sa ligne. Comprenez. Le téléphone est le seul petit bijou utile qui me reste pour m'orienter. Pour mes projets de vacances. Pour l'année prochaine surtout. Appeler. Sonder. Tirer les conclusions. Et d'ailleurs. Je me demande comment ils s'y prenaient, les khâgneux hésitants, au début du siècle. S'ils étaient tiraillés entre telle et telle prépa, ils devaient rudement trimer pour prendre contact avec des informateurs. Certainement qu'on leur laissait pas le choix, c'était sûrement mieux comme ça.
Ainsi donc j'obtiens le numéro de B. en khâgne classique à Condorcet cette année. En spécialité philo en plus, incroyable. J'appelle. Un peu désabusé, c'est vrai. M'attendant à un discours larmoyant sur des professeurs nuls, une ambiance assez pourrie, une pression démentielle et des cours qui rebuteraient les hérissons les plus zélés. Point que non. Première chose, une voix charmante. De bonne augure. Et c'est parti pour 27 minutes.
Allons à l'essentiel, le prof de philo. Soprano, chanteur d'opéra. Intimidant aux premiers abords, attachant ensuite. Allure de vieux sage. Vieux, elle l'a bien ponctué, cet adjectif. Balance parfois des mots d'italien et d'allemand. Fan de Kant et de Hegel. Apprend vraiment à penser à ses élèves (ça par contre je me méfie). Il paraît même qu'il prépare très bien au concours. Elle m'en a touché deux mots, avec un peu d'émotion mais pas trop, et déjà le personnage me fascine. Il parle aussi beaucoup de musique.
Elle me raconte ensuite les autres matières. En lettre un peu difficile au début, surtout avec les termes empruntés à la critique. Mais ses cours sont globalement interessants, on étudie un cours sur deux un roman ou une pièce de théâtre différente. Ce qui est bien différent de la khâgne moderne: j'en avais plus que marre de m'avachir sur la même oeuvre. C'était interminable. Sauf par moment, pendant les grandes envolées lyriques. Là ça vibrait dans toute la salle, chez moi en tout cas. Ah, et le latin? En latin elle m'a dit qu'elle était un peu paumée, c'est tellement dur. Débutante en hypo, comme moi. Ola je sens que je vais me casser les dents. L'ambiance en cours, ça va. Pour elle du moins. Et les khôlles ont pas l'air si terribles. En philo surtout, où on a toujours le choix entre un sujet sérieux et un sujet rigolo.
Evidément, je lui fais part de mes appréhensions. Je rabâche le même discours : nan mais la khâgne classique, tu comprends, on a l'impression que c'est pour les surdoués qui ont lu les grands classiques à l'âge de trois ans. Elle me rassure. Certains mégacubes -les bicas, ceux qui font leur troisième année- n'ont toujours par lu Madame Bovary. Bel euphémisme pour me signifier qu'on peut encore, même là, passer discret entre les mailles du filet. En gros, ce que j'ai un peu fait. Ca change, lentement.
En fait j'ai peur. Tout à l'air décidément trop bien. Bon et c'est pas tout. Faut encore se faire accepeter, là-bas, dans ce grand lycée qui jouxte le gare Saint-Lazare. Tout à fait. La sélection est rigoureuse. Du coup je vais m'en aller voir les profs. Voir si c'est vraiment possible, de changer l'orientation du tout au tout.
Ca sent l'hyblokhagne 2 tout ça. Je pourrai pas m'empêcher. (Si ça marche, je tâcherai de trouver un autre titre, plus alléchant).
Ainsi donc j'obtiens le numéro de B. en khâgne classique à Condorcet cette année. En spécialité philo en plus, incroyable. J'appelle. Un peu désabusé, c'est vrai. M'attendant à un discours larmoyant sur des professeurs nuls, une ambiance assez pourrie, une pression démentielle et des cours qui rebuteraient les hérissons les plus zélés. Point que non. Première chose, une voix charmante. De bonne augure. Et c'est parti pour 27 minutes.
Allons à l'essentiel, le prof de philo. Soprano, chanteur d'opéra. Intimidant aux premiers abords, attachant ensuite. Allure de vieux sage. Vieux, elle l'a bien ponctué, cet adjectif. Balance parfois des mots d'italien et d'allemand. Fan de Kant et de Hegel. Apprend vraiment à penser à ses élèves (ça par contre je me méfie). Il paraît même qu'il prépare très bien au concours. Elle m'en a touché deux mots, avec un peu d'émotion mais pas trop, et déjà le personnage me fascine. Il parle aussi beaucoup de musique.
Elle me raconte ensuite les autres matières. En lettre un peu difficile au début, surtout avec les termes empruntés à la critique. Mais ses cours sont globalement interessants, on étudie un cours sur deux un roman ou une pièce de théâtre différente. Ce qui est bien différent de la khâgne moderne: j'en avais plus que marre de m'avachir sur la même oeuvre. C'était interminable. Sauf par moment, pendant les grandes envolées lyriques. Là ça vibrait dans toute la salle, chez moi en tout cas. Ah, et le latin? En latin elle m'a dit qu'elle était un peu paumée, c'est tellement dur. Débutante en hypo, comme moi. Ola je sens que je vais me casser les dents. L'ambiance en cours, ça va. Pour elle du moins. Et les khôlles ont pas l'air si terribles. En philo surtout, où on a toujours le choix entre un sujet sérieux et un sujet rigolo.
Evidément, je lui fais part de mes appréhensions. Je rabâche le même discours : nan mais la khâgne classique, tu comprends, on a l'impression que c'est pour les surdoués qui ont lu les grands classiques à l'âge de trois ans. Elle me rassure. Certains mégacubes -les bicas, ceux qui font leur troisième année- n'ont toujours par lu Madame Bovary. Bel euphémisme pour me signifier qu'on peut encore, même là, passer discret entre les mailles du filet. En gros, ce que j'ai un peu fait. Ca change, lentement.
En fait j'ai peur. Tout à l'air décidément trop bien. Bon et c'est pas tout. Faut encore se faire accepeter, là-bas, dans ce grand lycée qui jouxte le gare Saint-Lazare. Tout à fait. La sélection est rigoureuse. Du coup je vais m'en aller voir les profs. Voir si c'est vraiment possible, de changer l'orientation du tout au tout.
Ca sent l'hyblokhagne 2 tout ça. Je pourrai pas m'empêcher. (Si ça marche, je tâcherai de trouver un autre titre, plus alléchant).

9 Comments:
On lance le concours du meilleur nom de blogue ? ^^
Même si je suis sûr que tu vas aller faire le mariole et bien le faire ^^, je propose quand même :
En pagne 2
(référence à l'Eldorado, bien sûr ^^)
Blague à part, ça "a l'air" en effet très alléchant.
la klassikhhâgne ? lol.
Nan vraiment, si t'en as envie, n'hésite pas, moi je regrette vraiment pas ma khâgne classique, et je n'ai pas non plus lu tous les grands classiques...
Le truc bien, c'est que, comme on a pas de programmes dans la plupart des matières, on touche un peu à tout, et on a l'occasion de découvrir pas mal de choses...
Le problème : certaines fois, j'aurais voulu approfondir tel ou tel auteur, et j'ai dû remettre ça à "après la prépa" faute de temps. On ne peut pas s'attarder sur une seule chose quand on a tellement de trucs à étudier pour le concours !
Peut-être ma question va-t-elle être indiscrète, mais pourtant : pourquoi tu songes à quitter Lakanal Pierre ? Ambiance ? Travail ? Profs ?
Si jamais tu as besoin d'autres renseignements sur Condorcet, j'en viens... mais de moderne.
Bon dimanche !
Super les titres!
Astrid, je quitte Lakanal parce que la moderne m'interesse plus trop. Certes ils font classique, mais on m'en a dit tellement de mal..mêmes des voix dissidentes de l'intérieur m'ont assurées qu'on se faisait chier en cours. J'organiserai une grande fête dans la salle Maurice Allais avant de faire mes valises.
Pourquoi pas cublokhâgne... ça fait un peu matheux.
Salut piarot je venais aux nvlles comme ça voir si tu avais fini par te décider entre le sanskrit, le latin et le népalais. me voilà donc fixé et toi embarqué pour un an de plus. Mais que diable allait il faire dans cette nouvelle galère??
Conseil hier : sha de coco, nikopaulus et mufasa acceptés en cube ac moi.
et soudain face à cette confirmation la panique et le dégoût: un an de plus!!! toute cette vieille routine qui se remettrait doucement en marche, ces quatre oeuvres dans lesquelles on finit par s'engluer, s'en lasser et s'en dégoûter. Non marre à la fin, revoir les mêmes locaux, ces chers professeurs , les bonnes vieilles têtes d'élèves.Me voici donc dans une impasse certes sans doute très passagère. Tient moi donc au courant de tes choix à venir je vais lire les post précédants afin de retracer le fil de tes hésitations
bisoobi
cubahulm??? ou khagnocub??
Roooooooh. Vous avez le don pour les anti-titres décidément. Il faut trouver un assemblage de lettres plus alléchant pour appâter l'internaute anonyme & innocent. Je m'en vais demander conseil aux HEC demain!
Enregistrer un commentaire
<< Home