19.9.05

Un bon début

Je reviens du lycée. Juste à l'instant trois heures d'allemand. Il nous rend nos thèmes -notre première note.

-Je sais que certains d'entre vous vont être déçus nous prévient-il. Mais ne regardez pas la note. Moi de toute façon je l'ai déjà oubliée Et oui c'est ça le passage de l'hypo à la khâgne. Oh c'est dommage qu'il n'y ait pas de cubes dans le groupe. Ils vous auraient confirmé que tout le monde se ramasse au moins une fois au début. Moi-même...moi-même, quand on m'a rendu mon premier thème 'ai déchiré ma copie pour que personne ne la voie (sic). Vous n'êtes pas des notes, ne l'oubliez pas.

Aïe me dis-je. Je pronostique avec ma voisine. Allez on parie que je vais avoir 2. 2 C'est déjà beaucoup tu sais.

Puis il rend les copies, explicitant à chacun ce qui ne va pas. Cela prend toute l'heure. A l'appel de mon nom, je dresse les oreilles. Roulement de tambours. Que va-t-il me dire?

-Pierre. Pierre... Je le redis: on est là pour apprendre ne l'oubliez pas. Vous avez des problèmes de structure, de syntaxe, de grammaire, de déclinaisons à revoir [rien qu'ça!]. Et là regardez cette faute: c'est une M-O-N-S-T-R-U-O-S-I-T-E. J'adore ce mot! Bon enfin.

Je prends ma feuille. Ah oui en effet: 1.5. J'ai perdu mon pari. C'est la pire note du groupe. L'année dernière j'avais 13. J'ai divisé ma note par 8.67. Ca fait mal. Si l'allemand est ma matière forte, j'ose imaginer la suite. C'est chouette la prépa.

-Ne soyez pas fâché me dit-il quelques minutes avant la fin du cours.
-Non non. Vous inquiétez pas M'sieur. Comme ça je ne peux que faire des progrès fulgurants. (A méditer: d'où nous vient cet incroyable sens de la répartie dans de telles situations?)

Et je rentre, un peu blasé quand-même. Mon Allemagne adorée, tu m'as joué un sale tour. Ma mère explose de rire quand je lui annonce le trophée. Pourquoi pas.


***

Un certain fabuliste, qu'il est réconfortant de lire dans ces cas-là, n'a-t-il pas écrit: "rien ne sert de courir, il faut partir à point?"