Le 1er jour
France Inter me réveille à 6h30. Rien de bien important dans le monde. Pourtant ce petit mal de ventre. Ah oui. J'avais trop facilement oublié. Pendant quelques heures. C'est la rentrée. Rendez-vous à 7h30 au coin de la rue, Thomas passe me prendre au voiture, ce qui m'économise une demi-heure de transports.J'arrive par une petite entrée qui débouche directement sur la cour des prépas. Anne-Lise, ma très chère voisine, me présente ses amies. Bonjour. Enchanté. Moi c'est Pierre. Et soudain on me dit : vite vite Pierre, c'est le professeur d'allemand qui parle avec le proviseur adjoint juste derrière, c'est le moment ou jamais de le chopper et de lui dire que tu veux changer de spécialité. Trac. Fais croire que tu as lu les livres qui étaient au programme. Re-trac.
"Bonjour Monsieur. Enchanté. Excusez-moi de Vous déranger. Je m'appelle Pierre et je. Enfin Voilà. Comment dire c'est que. Oui ben en fait j'ai bien réfléchi pendant les vacances : j'aimerais passer en spécialité Allemand. Non non, ma moyenne n'était pas trop mauvaise, tournait autour de 11 ou 12. Ah, vous allez réfléchir voir si vous pouvez m'extraire du groupe de philo? Merci beaucoup. Non non, je ne veux pas faire de Croate, ça ira pour le moment, merci quand même pour votre proposition."Il a de l'humour ce prof. On m'avait prévenu.
Ouah! Super facile à amadouer en fait. Suffit d'une petite rencontre, d'une moyenne honorable et me voila dans la salle avec les neuf autres germanistes. Que des filles! Avantages et inconvénients. En ce sens on m'a dit que je rompais avec la tradition depuis deux ans, d'où les difficultés du professeur à utiliser des adjectifs au masculin quand il s'adresse à nous. Dans le groupe: deux mi-françaises mi-allemandes, deux qui sortent d'un lycée international, deux qui étaient à Lakanal l'année dernière. Statistiquement, je suis le dernier.
Je fais quelques connaissances. Inlassablement, inconsciemment aussi, je cherche à tisser des liens avec Michelet. Ah oui tu es la copine de celui qui était dans ma classe l'année dernière? Tu le connais bien? Moi je l'adore. C'est fou je ne les oublie pas ceux-là. Ca me permet de m'y retrouver dans ce grand lycée. A midi, au self, j'apprends qu'un khâgneux 'y a dix ans s'est suicidé. Sympa. Et je discute en mangeant mon poulet bien graisseux, j'apprends à connaître. Comme en colo, comme partout.
Et puis pour finir une heure de classe entière cette fois-ci. Notre professeur coordinateur -admirez la technicité du terme- est celui de Lettres. Le meilleur du monde me souffle Tom. Ma classe est peuplée, beaucoup de cubistes qui tentent une deuxième année.
Avant de rentrer chez moi petit détour chez Gibert Jeune. Pour changer le livre que je veux est introuvable. Ca m'avait manqué. Ouf', Gibert Joseph, le frérot devenu rival, l'a en occase, dernier livre. Je rentre épuisé. Putain, dans quelle galère je me suis embarqué.

2 Comments:
Courage Pierrot!!!
C'est génial pour ton allemand... tu verra les classes de filles c'est pas la mort, non plus!
A bien tot qu'on se raconte tout en détail!!
et sache qu'avant tout tu sera Micheleteux pour moi!
bises
Ouf.
Des messages de soutien.
Non c'est vrai les filles c'est pas si terrible que ça. Puissé-je espérer qu'elles ne se crieront pas dessus ;)
Enregistrer un commentaire
<< Home